Richard du Page

"L'allemand a la profondeur obscure de l'infini,

le Français la clarté joyeuse du fini"

(1943)

 

" Pour entrer franchement dans la voie de la collaboration culturelle, il nous faut avant tout nous guérir de cet égocentrisme qui fut la source de toutes nos ignorances et par suite de tous nos maux, en nous inclinant à nous croire le seul peuple de la terre ou, tout au moins le plus exemplaire. […] Nous avons à nous rendre compte que la pensée française - pour prédominante qu'elle ait été dans le monde, - pour nécessaire qu'elle reste à la vie du monde - et c'est un privilège que ne lui conteste même pas l'Allemagne victorieuse - n'est pas la seule pensée du monde, et que si, elle a beaucoup à donner, elle a quelque chose à recevoir. Notre intérêt même nous commande donc de ne pas négliger les échanges culturels avec les autres pays. Et l'on peut soutenir que l'Allemagne et la France sont de ceux entre lesquels ces échanges sont susceptibles de porter les meilleurs fruits. Car il manque exactement à l'un ce que l'autre possède, et l'homme qui cultiverait en soi leurs qualités, en apparence antinomiques, en réalité complémentaires, serait l'être le plus équilibré qui soit. […]" L'allemand a la profondeur obscure de l'infini, le Français la clarté joyeuse du fini. " L'un donc saisit la vérité sans pouvoir la définir ; l'autre, du fait qu'il la définit, n'en rend accessible qu'une image amoindrie et déformée. "

Richard du Page, Collaboration, mai-juin 1943.

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